Photo M.Goeyens 2003

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"Peindre et crier à table en même temps" 

 

Odette Collon 

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la jeune peinture belge

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Biographie

Née à Ixelles (Belgique) en 1926, Odette Collon vit aujourd'hui à Bruxelles. 

Dès 1942, Odette Collon étudie la peinture et la sculpture auprès du peintre Ferdinand Schirren. Elle poursuit son apprentissage avec le peintre Louis Ramah, qui la présente au groupe Jeune Peinture Belge où elle est acceptée. Elle expose avec eux à la galerie Apollo, à la Galerie de France à Paris puis à Stockolm. 
Elle participe ensuite régulièrement à toutes les expositions de la Jeune Peinture Belge. 

Après la dissolution du groupe, Odette Collon poursuit sa carrière artistique et expose jusqu'à ce jour ses oeuvres de manière régulière à Bruxelles, Anvers, Knokke, Louvain, Grimbergen, etc. 

Nominée en 1963 pour le Prix Jeune Peinture Belge, elle fait l'objet d'un "one woman show" à Lineart (Gand) en 1990. A cette occasion, une monographie du peintre est éditée aux Éditions De Roos.

En 1992, une importante exposition collective intitulée "Rétrospective de la Jeune Peinture" est organisée par le Crédit Communal au Passage 44 à Bruxelles. A partir de 1994, une série d'expositions personnelles ont lieu tous les deux ans à la Galerie Albert 1er (Bruxelles).

En novembre 2001, une exposition collective consacrée à la Jeune Peinture Belge est organisée par le Group 2 Gallery.

Du 28 mars 2002 au 8 mai 2002, une première rétrospective entièrement consacrée à l'œuvre d'Odette Collon s'est tenue à Bruxelles, dans les salles de la Fondation Pour l'Art belge Contemporain (Bruxelles) à l'initiative de Serge Goyens de Heusch.
Une seconde retrospective a eu lieu pour sa part au Stedelijk Museum de Hoogstraten, Begijnhof 9, 2320 Hoogsqstraten, télé: (03) 314.65.88  

Du 31 Janvier 2003 au 29 mars 2003, une rétrospective consacrée à la galerie Appolo est organisée par le Groupe 2 Gallery.  

Etc...


Odette Collon a été l'épouse de feu Charles Godefroid, l'un des fondateurs de la Télévision Belge.
Elle est aussi la mère de Catherine Godefroid et de Yvon Godefroid.


Pour en savoir plus 

Articles consacrés à Odette Collon :

Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles
Paul Piron (2volumes)
Editions Art in Belgium , 2003


LE DICTIONNAIRE DES ARTISTES PLASTICIENS  EN BELGIQUE 1800-2002
paru aux Editions De Gulden Roos
Voir aussi biographie et illustrations sur le website ARTO

http://www.arto.be/


Couleurs de notre temps 
La peinture en Belgique au XXème siècle 
Par René Dalemans 
Artis Bruxelles 2002
 


A chacun sa grâce
Femmes artistes en Belgique et aux Pays-Bas 1500-1950
Ludion Flammarion
Catalogue de l'exposition tenue au
Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen
du 17-10- 1999 au 16-1-2000 


Art belge au XXe siècle
Musée de Louvain la Neuve
Catalogue publié aux Editions Racine
Collection de la Fondation pour l'Art Belge contemporain.
Serge Goyens de Heusch 


Henri Sonet parle d'odette collon sur la rtbf


La Jeune Peinture Belge en 1948
aux côtés de Gaston Bertrand, Louis Van Lint, Anne Bonnet,  Alechinsky, Mig Quinet, etc.


2006
Comment s'appelle la petite bête qui court devant vous ?

Une approche des oeuvres récentes d'Odette Collon (A.GRIMEAU)

Accueil


Pour contacter l'artiste 

Odette Collon
Tél : 0032/742.09.27

ou à l'adresse E-mail de Yvon Godefroid,
concepteur et gestionnaire présent site : 
dauphinlibre@gmail.com

Crédits photos
:

Luc  Schrobiltgen

Marie Goeyens

Collection privée

Photo M.Goeyens 2003


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La Jeune Peinture Belge 
(1945-1948)
Extrait de la monographie « Odette Collon » de Lina Dejinckens et Johan pas. 
publiée par De Roos Kunsthandel 1990 



"La Jeune Peinture Belge" à Stockolm en 1947.
On reconnaîtra à l'arrière-plan de gauche à droite R.Lust, fondateur du groupe, Edouard Pignon, l'ambasadeur Gatien du Parc, A.Chemay, Marc Mendelson, Georges Collignon, Louis Van Lint, Willy Anthoons, Raymond Cossé, Herman Colson, Emile Mahy, Gaston Bertrand.
A l'avant, Gisèle Colson, Mig Quinet, Mme Gatien du Parc et Odette Collon. 



"L'association a pour objet de présenter en Belgique et à l'étranger, les jeunes peintres et sculpteurs belges de qualité, de les soutenir et de les encourager par tous moyens, notamment par l'organisation de manifestations artistiques de tous genres, expositions, voyages, publications, création de prix, bourses, prêts, etc." 
(Extrait des statuts de l'asbl La Jeune Peinture Belge, publiés au Moniteur Belge du 4 août1945).

Il est donc évident que la Jeune Peinture Belge n'est pas un mouvement créé par les artistes, mais bien une institution à leur profit, fondée par quelques éminents amateurs d'art. L'avocat René Lust et Robert Delevoy en sont les forces motrices. 
Des artistes -avec notamment comme président d'honneur James Ensor - mais aussi quelques collectionneurs et mécènes en font partie. Au début, le groupe compte douze peintres et un sculpteur, avec entre autres: Gaston Bertrand, Anne Bonnet, Jan Cox, Marc Mendelson, Rik Slabbinck et Louis Van Lint. 

Ce nombre ira sans cesse croissant.
Le mouvement se manifeste au travers d'une politique d'exposition intensive: d'importantes expositions collectives ont lieu à Paris (1946), La Haye (1946), Amsterdam (1946), Stockholm (1947), Zurich (1947) Bordeaux (1947), Bruxelles (1947), Mons (1948), La Louvière (1948)...

Cependant le groupe ne survit pas à la disparition de son inspirateur René Lust, décédé le 5 juin 1948. 
Les conceptions artistiques opposées et les personnalités divergentes constituent autant d'obstacles à l'unité du groupe. 
La Jeune Peinture Belge se dissout au cours de la même année.

Paul Haesaerts discerne cependant des caractéristiques de style communes: le renoncement à la tridimensionnalité, au clair-obscur et au trompe-l'oeil, de plus le caractère schématique-décoratif de l'oeuvre, sont à ses yeux autant de facettes d'un art jeune et renouvelé au regard tourné vers l'avenir.

«Tout feu et flamme dans ses formes comme dans ses tons, un mouvement d'art s'est dessiné en Belgique, pendant et après la guerre, qui mène bon nombre de jeunes et certains aînés vers une peinture hardiment transposée, décorative, volontiers anguleuse et saturée», écrit-il en 1947. 

Une question se pose à lui : «Revirement, renouveau, révolution ?»
Tandis que Haesaerts et Delevoy encensent et encouragent verbalement la Jeune Peinture Belge, d'autres critiques d'art réagissent de façon sceptique à cette «soi-disant nouvelle peinture belge». Les plus conservateurs d'entre eux - à cette époque-là ils sont légion - considèrent la nouvelle production artistique comme fruste et trop déformée, sans appel aucun à leur idéal d'esthétique traditionnel.

Ce point de vue s'implante dans le débat largement mené sur l'art plastique moderne qui refait surface après la Deuxième Guerre Mondiale. Voici quelques citations tirées des quotidiens d'antan; sans subtilité et sans nuances, elles reflètent néanmoins l'opinion du grand public:

«Que ces jeunes gens apprennent à peindre avant de répondre aux consignes de l'abstraction. Leur crime est sans nul doute moins grave que celui de leur conseil d'administration qui encourage ainsi une peinture qui est toute dirigée contre les beautés du réel et notre bien le plus précieux d'homme du xx siècle: le sens de l'humain», écrit le critique Paul Caso en 1947.

Charles Conrardy proclame également une opinion largement répandue:
«La liberté a des limites dans le domaine technique. Peindre est d'abord un métier et il n 'est pas possible d'enfreindre certaines règles, pas plus que l'on ne peut transgresser les lois de la vie. Mais il y a autre chose. L'art doit servir à l'embellissement et il ne doit être laid à aucun prix. Une oeuvre doit me donner le plaisir esthétique et  n'être ni une énigme, ni un rébus.»

Tout comme à l'aube de la Deuxième Guerre Mondiale, le modernisme semble toujours être suspect dans les milieux réactionnaires d'après 1945. Le mimétisme apparaît comme salutaire; l'abstraction est ressentie comme provocante et extrémiste. En outre, remarquons que la critique d'art de l'époque n'use pas de vocables précis et nuancés; des termes tels que abstraction et beauté sont utilisés avec beaucoup de désinvolture. Un critique d'art aux ambitions psychologiques pense que:
«Beaucoup de travail des jeunes d'aujourd'hui ressemble bien à des essais convulsifs de personnes désemparées dans leur solitude, qui ont perdu le droit chemin et tombent dans l'anarchie.»

Un autre conseille à ses lecteurs :
«Allez voir ça, chers lecteurs, et ne riez pas! Voici la moisson future de nos musées!»

Une critique plus nuancée et justifiée met l'accent sur le caractère nouveau et belge de cette Jeune Peinture Belge.
Cependant, souvent l'authenticité des jeunes peintres est mise en doute par des associations proches de l'oeuvre de Picasso, qui fut encore très contestée dans la période d'après-guerre:
«Picasso a fait là mille enfants que sa sénilité ne laissait plus prévoir», écrit Paul Caso suite à la grande exposition de la Jeune Peinture Belge au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles en 1947.

«Mauvais copistes, peintres «à la manière de... », pique-assiette des sous-Picasso, ces égarés volontaires n'ont même pas le mérite d'originalité», observe un critique moins tendre.

Cette remarque sèche à propos de l'omniprésence du maître espagnol est spirituelle: 
«Si comme on l'a dit, après Picasso on ne peut plus peindre comme avant Picasso, ce n 'est point encore une raison pour peindre comme Picasso.» Reconnaissons encore l'exaltation singulière de certains artistes pour la peinture française d'après-guerre (la Jeune Peinture Française expose déjà en 1945 à Bruxelles) et I'École de Paris. 

Il faut de plus ajouter qu'en 1945 et durant les années suivantes le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles mène une politique culturelle intensive avec des expositions consacrées à l'oeuvre de Braque (1945), Picasso, Masson, Matisse, Vuillard, Van Gogh et Lhote (1946). Ces manifestations sont accueillies très favorablement et laissent des traces reconnaissables dans l'oeuvre de différents jeunes artistes d'après-guerre. 

Le caractère national de la Jeune Peinture Belge est dès lors régulièrement remis en question:
«Car il est étrange que l'étiquette "peinture belge" s'applique à un art aussi dénationalisé que celui-ci (en dépit des contorsions littéraires de la critique) alors qu'elle couvre en réalité, des oeuvres semblables à celles que les 
"pompiers" des mouvements nouveaux peignent aussi bien à Varsovie qu'à Zurich et à Alger qu'à Buenos Aires.» 

Quelques critiques iront jusqu'à considérer le nouveau mouvement comme manipulé:
«Nous constatons que l'on rend hommage à une esthétique générale et restreinte dont chaque peintre est tellement pénétré qu'elle lui rend difficile la découverte de ses visions les plus personnelles.»

Certains aussi y joueraient un rôle:
«En tout cas, cette peur qui tenaille critiques, personnages officiels et amateurs, de passer pour obtus devant un certain art d'aujourd'hui, peut les faire aller loin les uns et les autres. Et ils vont déjà loin en effet, comme 
nous le verrons la semaine prochaine, à propos de la Jeune Peinture Belge.»
Bref, en dépit de son modernisme plutôt modéré selon nos normes, la Jeune Peinture Belge était à l'époque un mouvement contesté dans l'art belge d'après-guerre. Elle met cependant en cette période difficile de reconstruction pas mal d'entrain dans le monde artistique; cela en soi signifie un grand mérite pour ses auteurs.

Cette expression d'une grande vitalité d'après-guerre est décrite de manière frappante par Paul Fierens, conservateur aux Musées Royaux de Belgique et grand défenseur de la Jeune Peinture: 

«Par les plus harmonieuses et même par les plus hasardeuses réussites de la Jeune Peinture Belge s'affirme la vitalité d'un pays et d'un art qui, allègrement, courageusement et au mépris des compromissions, des demi-mesures, reprennent contact avec l'univers des réalités et des songes, avec le présent, dont il est parfois malaisé d'épouser les songes et de dominer les remous, avec tout le vrai et tout le possible.»


La Jeune Peinture Belge en 1992 : Leenaerts, Lismonde, Mortier, Bertrand, Collignon, Dubrunfaut, Demeure, Quinet, Somville, Collon, Creuze,  Mendelson autour d'une oeuvre collective.

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