Premières
oeuvres d'Odette Collon
Galerie Apollo
Lire le dossier de
presse ci-dessous
31 Janvier 2003 au 29 mars 2003

HOMMAGE A LA Galerie Apollo
(1941-1953)
Durant la première moitié du 20ième siècle, quelques galeries prestigieuses ont
transformé la capitale en un haut lieu de l'art d'avant-garde : la galerie « Georges
Giroux », « Sélection » sous la direction de P.G. Van Hecke et André De Ridder, «Le
Centaure», dirigé par Walter Schwarzenberg, «La Vierge Poupine», créée par Geert
Van Bruaene, « Galerie Louis Manteau», « Galerie Lou Cosyn »…
Pendant les années de la seconde guerre mondiale et les années d'après-guerre la Galerie « Apollo » fut
sans aucun doute le chef de file incontesté : pendant une décennie ( de 1941 à 1951 ) la
galerie était au cœur du combat mené par un groupe de jeunes artistes voulant se libérer
de la peinture de papa et ceci grâce à son créateur, l'historien et critique d'art Robert
Delevoy qui la dirigeait de main de maître pendant une période des plus désastreuses
dans l'histoire de notre pays.
Delevoy était un homme hors du commun. Personnalité passionnée et passionnant, doué
d'un sens de l'organisation exceptionnel, ayant le goût du risque et de l'aventure
intellectuel, il se dévoua corps et âme à son idéal : créer un lien de contacts et
d'échanges entre peintres, critiques, collectionneurs et amateurs d'art.
Quand la guerre éclata, les musées fermaient leurs portes , condamnant les artistes à se
replier sur soi-même, coupés de tout contact avec le monde artistique. Avec l'énergie du
désespoir, les jeunes se révoltaient et s'organisaient afin de montrer leur production sous
la bannière « Apport ».
La première exposition du groupe eut lieu au Palais des Beaux-Arts dirigé par Robert Giron. Après, la galerie Apollo devient le port d'attache des
salons Apport. Grâce aux activités d'Apport, les jeunes loups comme Gaston Bertrand,
Louis Van Lint, Marc Mendelson, Anne Bonnet, Jan Cox et d'autres ont pu se développer pleinement.
Les expositions Apport avaient un succès fou. En temps de guerre où l'activité artistique
était réduit au minimum, le public bruxellois, assoiffé de culture, s'empressait de
participer à ces événements à tel point que le couple Delevoy connut des moments
d'angoisse, craignant que la galerie s'écroule sous le poids de la foule !
Ne disposant pas de ressources financières, le jeune directeur ( 27 ans ! ) et son épouse
cherchaient par tous les moyens à faire vivre Apollo : ventes publiques, expertises, vente
d'ouvrages sur les beaux-arts etc.. Il fallait un sacré courage, une énergie sans bornes et
une passion dévorante pour prendre le risque d'ouvrir un « centre d'art vivant » en
pleine guerre.
Delevoy choisissait ses artistes lui-même. Son choix fut résolument d'avant-garde et se
démarquait totalement de l' art académique. Il menait une croisade contre tout ce qui
relevait de l'art scélérosé, l'art des grands « Salons » et des « Prix Officiels ». Il
défendait un art plus libre, plus spontané, plus personnel, plus vivant.
C'est ainsi que des artistes confirmés comme Ensor, Brusselmans et Van de Woestijne
alternaient avec des nouveaux venus comme Bertrand, Mendelson, Van Lint et
d'autres.
Chemin faisant, la galerie devint un véritable laboratoire de jeunes talents.
L'occupation allemande ne voyait pas d'un bon œil l'activité effervescente de la jeune
galerie et ne manquait pas de qualifier d'art dégénéré certaines toiles accrochées aux
cimaises.
Pour faire connaître l'œuvre de ses protégés, Robert Delevoy avait lancé sa revue
Apollo. L'éditorial du premier numéro de la revue Apollo contenait le crédo de son
auteur : « une mission – plus – un devoir s'impose de combler un vide béant
douloureusement - vide créé par l'anémie des musées, la carence des grandes expositions d'art, la disparition presque totale des revues culturelles - celui d'apporter à
une élite expectante, quelques substance spirituelle, qui puisse lui permettre, au moins
quelques instants « de s'évader ». D'éminents spécialistes tels que Paul Fierens, Paul et
Luc Hasaerts, Charels De Mayer e.a. collaboraient à la revue, tandis que Robert Delevoy
choisit le pseudonyme de Paul Disons pour commenter les expositions. Plusieurs monographies consacrées aux artistes voyaient le jour ainsi qu'un Agenda de la vie
culturelle à Bruxelles.
Des conférences, des récitals de poésie, des soirées théâtrales et musicales, des matinées
enfantines etc.. complétaient les activités éducatives du « centre d'art vivant », rompant
la monotonie de la vie quotidienne sous le régime allemand. Les efforts de la galerie
donnaient un nouvel essor aux arts plastiques et résultaient dans la création en date du 3
juillet 1945 de «La Jeune Peinture Belge», un mouvement artistique majeur dans
l'histoire de l'art de notre pays. Dans l'esprit de son promoteur, les expositions de la
Jeune Peinture Belge devaient regrouper « les tendances picturales les plus valables et
les plus authentiquement vivantes et réaffirmer ainsi sa volonté de se battre pour les
valeurs d'une peinture nouvelle ».
Delevoy dans sa qualité de secrétaire de « La Jeune Peinture Belge », nouait des
relations avec la Galerie de France à Paris, lieu d'avant-garde si l'en fut. C'est ainsi que
nos jeunes artistes, non encore consacrés, furent présentés à un public international. Des
expositions à Buenos-Aires, Stockholm, Zürich, Bordeaux, Le Caire se succédaient à un
rythme vertigineux.
A côté des membres-fondateurs de la Jeune Peinture Belge (Bertrand, Bonnet,
Mendelson, Van Lint, Quinet, Cox, Anthoons, Barbaix, Godderis, Mahy, Pry, Slabbinck )
des nouveaux-venus comme Pierre Alechinsky ( à peine 21 ans ), Jean Milo, Antoine
Mortier, Luc Peire etc.. venaient renforcer les rangs. Apollo fut une véritable base de
lancement pour tous ces jeunes qui se voyaient propulsés dans le monde de l'art et qui
pour la plupart ont réussi à s'y faire un nom.
Après les années Jeune Peinture ( 1948 ), Robert Delevoy continue son action en faveur
des jeunes artistes belges et étrangers. A partir de 1949, Apollo met ses cimaises à la
disposition du groupe « Cobra » et accueille les mouvements d'art abstrait permettant
ainsi aux nouvelles tendances de se manifester.
Quand on sait que des artistes renommés comme Picabia, Herbin, Buffet ont eu leur
première exposition individuelle en Belgique dans la galerie de la place St Gudule, on se
rend compte qu'Apollo fut pendant dix ans un passage incontournable pour tous ceux qui
voulaient rompre avec le passé en se tournant résolument vers un art nouveau.
En organisant l'exposition Apollo, Group 2 Gallery a voulu rendre hommage à son
directeur Robert Delevoy qui nous a quitté il y a vingt ans et à son épouse Suzy qui se
souvient avec émotion de la merveilleuse aventure qui débuta il y a soixante ans et qui
pour elle et pour nombre d'artistes et amateurs d'art reste gravé dans leur mémoire.
L'exposition « Hommage à la Galerie Apollo ( 1941-1951 ) sera inaugurée par Serge
Goyens de Heusch, docteur en histoire de l'art, coauteur du catalogue édité en 1992 à
l'occasion de l'exposition « La Jeune Peinture Belge 1945-1948 » organisée dans la
galerie du Crédit Communal à Bruxelles et Président de la Fondation pour l'art belge
contemporain.
D'après
le dossier de presse Groupe Gallery 2